Archives de Catégorie: Pirate

Se connecter sur IRC avec Pidgin

Salux !

Petit tutoriel car je n’en ai pas trouvé (assez hallucinant d’ailleurs) de simple et clair pour expliquer comment utiliser pidgin pour faire de l’IRC. Je ne reviendrai pas sur qu’est-ce qu’IRC, Pidgin et autres, je vous laisserai regarder Wikipédia, je me contente du strict minimum pour ce tutoriel. C’est pas plus mal d’ailleurs.

Télécharger et installer Pidgin

Disponible ici : http://pidgin.im/ Si vous avez un mac, essayez Adium, son cousin.

L’installation n’a rien de particulière en soi.

Ajouter un compte

Pidgin a la particularité de pouvoir faire tourner plusieurs comptes en simultané. Je vous laisserai faire joujou avec cette fonctionnalités une autre fois, contentons-nous de suivre le guide :

Première fenêtre au lancement de Pidgin

Vous pouvez cliquer sur Ajouter et renseigner la fenêtre qui apparaît comme ici :

Paramétrage d'IRC

  1. Choisir IRC dans la liste des protocoles
  2. Mettre le serveur IRC auquel vous voulez vous connecter (ici irc.geeknode.org)
  3. Choisir un pseudonyme par lequel on peut vous identifier facilement (éviter pseudo ou toto)
  4. Dans certains cas, vous devez mettre un mot de passe (mais si c’est le cas vous le savez probablement déjà)
  5. On laisse l’alias
  6. On fait Ajouter

Rejoindre un salon

Rejoindre un salon

Normalement, à ce stade, vous pouvez fermer la fenêtre « Comptes » et vous aurez une fenêtre « Liste de contacts » vide, avec un gros bouton vert en bas « Disponible ».

Cliquer sur « Contacts », puis « Rejoindre une discussion » :

Il ne vous reste plus qu’à mettre le nom du salon (attention à ne pas oublier le #).

Et voilà, c’est tout 🙂

Le Manchot Enragé

Tagué , ,

Réflexion : concept de système de vote en P2P


Flattr this

Salux !

En tant que gros geek velu pirate, je me suis amusé (chacun occupe ses vacances comme il peut) à élaborer un système de vote électronique, qui soit transparent et respecte l’anonymat, tout en empêchant la fraude. Un vaste programme donc, je poste ici le résultat de ma réflexion, afin d’avoir des avis extérieurs pour l’améliorer si nécessaire.

À qui se destine ce logiciel ?

Je l’ai dit et je le redis ici, j’ai toujours exprimé de grandes réserves sur le vote électronique. Même si je pense avoir résolu les problèmes d’opacité et d’anonymat, le bulletin papier restera toujours le moyen le plus universel.

Pour un usage associatif, surtout dans un cadre comme celui du Parti Pirate où les membres sont tous plus ou moins sensibilisés aux problématiques techniques, le système que je propose ici peut être une solution. Dans le cadre d’un vote plus large, où toute une population est amenée à s’exprimer, le papier reste accessible à n’importe qui puisqu’en tant qu’objet matériel il est facile à observer et contrôler si fraude il y a eu. Nul besoin de connaissances informatiques pour cela.

La solution que je propose est donc certes imparfaite, mais elle vient combler un vide et je pense qu’elle peut trouver rapidement des applications.

Objectifs

Afin d’en omettre aucune et de les expliciter dès le départ, voici les contraintes à respecter :

  1. Le système doit être ouvert & documenté
  2. Un annuaire contrôle l’accès au scrutin
  3. Les bulletins doivent être anonymes
  4. Chaque votant doit pouvoir accéder à son bulletin et le vérifier
  5. Chaque votant ne peut déposer qu’un seul bulletin pour une question
  6. L’annuaire ne doit pas avoir les informations nécessaires pour lier un bulletin au votant
  7. Un votant doit être capable de contester son vote si falsifié

Système distribué

Premier point et le plus important : il faut éclater la structure technique en un système décentralisé pour assurer la 6ème contrainte : l’annuaire sera l’un des seuls points centraux et il ne doit pas voir circuler les informations de vote ; auquel cas s’il est compromis tous les bulletins deviendraient publics.

Le processus de vote est relativement complexe et met en œuvre de nombreux intervenants ; chacun possède un rôle très précis et encadré pour limiter les possibilités de frauder ou de révéler un bulletin.

La solution technique prendrait la forme d’un logiciel que chacun télécharge et installe sur son poste. Comme le protocole est tout à fait documenté, un votant aurait la possibilité d’écrire son propre logiciel s’il le souhaite.

Lexique

Annuaire : contient un listing des personnes invitées à s’exprimer
Assesseur : pair désigné pour contrôler que le votant ne s’exprime qu’une fois
Bulletin public : empreinte (algorithme à déterminer, type MD5 ou SHA) du timestamp du vote, du numéro de la question, de l’identifiant du votant (pseudo ou email) et du grain de sel.
Bulletin privé : conservé par le votant, il contient toutes les informations du bulletin public en clair + la signature du témoin.
Droit de participation : code généré et signé par l’annuaire dont la seule utilité est de prouver aux autres pairs qu’un votant a le droit de siéger.
Donneur de sel : pair qui génère le grain
Grain de sel : condensat généré aléatoirement par un pair pour anonymiser son vote.
Pair : autre votant
Proxy de vote : Le votant A transmet des informations au pair B par l’intérmédiaire d’un pair C. Les informations sont chiffrées donc opaques du point de vue de C puisque la clé a été générée par D. Voir « Élaboration du proxy de vote ».
Témoin : pair désigné aléatoirement pour signer un bulletin de vote et attester que ce bulletin a été émis

Processus général

Certains points du processus contiennent des enchaînements expliqués plus loin pour alléger la lecture.

  1. Le votant s’identifie auprès de l’annuaire et reçoit son droit de participation
  2. Le votant demande un grain de sel à un pair aléatoire (et le reçoit)
  3. Le votant établit un proxy de vote avec un pair aléatoire, qui devient témoin
  4. Le votant lui transmet son bulletin public + le grain de sel
  5. Le témoin lui retourne le bulletin signé
  6. Le votant stocke cette signature et est prêt pour déposer dans l’urne

Collecte des bulletins

  1. Le témoin contacte l’urne et transmet le grain de sel
  2. L’urne valide le grain de sel
  3. Le témoin dépose le bulletin public dans l’urne

Dernière étape : les témoins signent le résultat

  1. L’urne notifie l’assemblée de la fin de la collecte
  2. Chaque témoin retourne les signatures des bulletins qu’il a déposé pour attester de leur véracité
Chaque pair a alors la possibilité de contrôler les signatures des bulletins pour contrôler que l’urne n’est pas compromise.
Il peut aussi contrôler son propre bulletin dans le cas où son témoin serait compromis.

Processus complémentaires

Proxy de vote

V = Votant, T = Témoin, P = Proxy, G = Générateur

  1. V contacte P et lui demande l’ouverture d’un proxy en désignant T.
  2. P se place en attente de la validation de T.
  3. V contacte G et lui demande de générer une clé.
  4. G transmet la clé à V.
  5. G notifie T qu’il est solicité par P et lui transmet la clé.
  6. T contacte P pour indiquer qu’il est prêt à dialoguer
Le proxy se ferme dès que le votant a validé la signature du bulletin public par le témoin.

V et T peuvent communiquer sans que T sache que V est son interlocuteur. De plus, G & P qui sont les intermédiaires ne connaissent chacun que la clé ou le message chiffré mais ne sont pas capable de connaître ce qui est dit.

Génération du grain de sel

  1. Le votant contacte le donneur pour obtenir un grain
  2. Le donneur en génère un
  3. Le grain est donné au votant puis transmis à l’urne

L’urne sait que le donneur a généré le grain mais ne peut savoir à qui est-il destiné.

Validation du grain de sel

  1. Le témoin transmet le bulletin et le grain de sel à l’urne
  2. L’urne contacte le donneur
  3. Le donneur va contrôler auprès de chaque assesseur du votant s’il n’a pas voté
  4. Le donneur enregistre que le grain a été utilisé
  5. Le donneur confirme l’utilisation du grain à l’urne
  6. L’urne accepte le bulletin

Identification

  1. Le votant s’identifie auprès de l’annuaire
  2. L’annuaire lui transmet son droit de participation ainsi que la liste des pairs
  3. Le votant détermine aléatoirement deux assesseurs
  4. L’annuaire détermine aléatoirement le 3e assesseur

Si le votant ou l’annuaire est compromis on limite la casse.

Bref.

Voici le concept, j’avoue que je suis assez excité à l’idée que ça puisse marcher. J’attends vos retours qui me permettront d’améliorer ce dispositif, car il y a encore de nombreuses choses à voir !

Notamment l’implémentation, dont j’espère pouvoir fournir un prototype rapidement.

Le Manchot Enragé

Tagué , , , , , ,

Parti Pirate et Front National : histoire de chocolats


Flattr this

Salux !

Au fur et à mesure de la construction du programme du Parti Pirate et de la mutation du Front National, de nombreux points communs ont été relevés entre les idées du PP et celles des familles populistes (pas que du FN), notamment vis à vis de la liberté d’expression.

Il est temps de faire le point sur la situation et surtout d’expliquer dès maintenant pourquoi il ne faut surtout pas confondre le Parti Pirate et les autres partis populistes.

Faire preuve de discernement

Les grecs avaient découvert la démocratie bien avant nous – d’ailleurs ils étaient plus démocrates que nous le sommes (mais ça c’est un détail). À côté de ça, ils formaient une société extrêmement machiste, guerrière, ils avaient des esclaves et adoraient des dieux à la libido sans limite. Doit-on pour autant en déduire que tout ce qui vient des grecs (la démocratie ?) soit mal ? Je ne crois pas.

De même avec le front national. Je suis en désaccord avec la quasi-totalité de leur programme, qui aurait pu être écrit il y a un demi-siècle de cela, mais sur le coup de la liberté d’expression, je ne vais pas dire qu’ils ont tord juste parce que c’est le FN. Ça serait aussi stupide que d’arrêter de manger du chocolat parce que Marine en mange.

Rappel des faits

Historiquement, la liberté d’expression est l’une des pierres angulaires du Parti Pirate, et il en a toujours été ainsi. Nous fûmes parmi les premiers à avertir des possibilités de censure qu’offraient la HADOPI. Nous sommes allés manifester dans toute la France contre l’article 4 de la loi LOPPSI, instaurant un pouvoir censeur au ministère de l’intérieur. Même si Bruno Gollnisch intervint sur HADOPI (2), rien sur la LOPPSI. L’article 32 ter A leur convenait certainement trop bien pour oser entacher cette loi de leur opposition. À moins que la liberté d’expression ne soit que d’un intérêt second.

Car il faut noter une chose, c’est que la liberté d’expression, chère à une frange de la droite qui « dit tout haut ce que les français pensent tout bas », est une thématique qu’ils aiment sortir lorsqu’ils se sentent attaqués – par des moyens qui ne sont certainement pas de la censure !

La censure du juge : une entrave à la liberté d’expression. Wait… what ???

Et oui, vous avez bien lu. Il n’y a pas plus légitime qu’un juge -impartial, indépendant, ayant prêté serment, rendant des jugements publics au cas par cas- pour exercer un pouvoir de censure.

J’imagine qu’ils demandent une liberté d’expression sans limite ni censure. Où chaque membre du front pourrait insulter les musulmans à sa guise. Oui car c’est bien de ça qu’il s’agit. Le blog du front regorge d’articles sur la liberté d’expression depuis… leur passage en justice pour une affiche islamophobe. Avant ? Rien. Niet. Nada.

Je suis sûr que le front est d’un immense fair-play, et qu’en échange du droit d’insulter les musulmans, nous pourrions leur dire qu’ils sont un frein à l’ouverture au monde, des racistes, des reliques de la pensées d’avant-guerre (celle de 40 bien sûr), car après-tout, c’est aussi notre liberté d’expression, non ? Chacun ses à priori.

Quand aux remèdes

Ce n’est pas ce que veut le Parti Pirate. Au contraire ! Nous sommes pour la liberté d’expression, mais qu’en cas d’abus une autorité indépendante et neutre -la justice en est le meilleur garant- puisse trancher et censurer si cela est nécessaire. Nous ne voulons pas d’un monde sans limite, mais d’un monde où les limites et les sanctions sont appropriées et, surtout, ne sont pas appliquées à priori.

La censure, celle que nous redoutons, celle mise en œuvre dans l’article 4 de la loi LOPPSI, prend la forme d’une entité opaque, dépendante du pouvoir, à laquelle il n’existe aucun recours et qui ôte le droit à des citoyens de s’exprimer sans aucune explication. Ceci est contre quoi nous nous battons, et nous voulons révoquer l’article 4 de la loi LOPPSI ainsi que le délit de négligence caractérisé, clé de voûte de la HADOPI.

Supprimer la HADOPI ? Pure utopie, promesse électorale qu’aucun parti ne pourrait tenir, ni même vous Mme Le Pen. Les budgets et les contrats ont été signés pour plusieurs années. La HADOPI ne pourra être dissoute avant au moins 2013. Ceci dit, elle peut être sérieusement handicapée, en invalidant la négligence caractérisée ou en rendant illégitime les relevés IP fournis par une entreprise privée détenues par les majors du disque.

Faîtes ce que je dis, pas ce que je fais

Enfin, dernière chose, j’espère vous avoir convaincu que le front n’a aucune légitimité pour parler de liberté d’expression. Ne faîtes pas la même erreur que moi, évitez d’en parler. Si l’on vous pose la question « mais ce que tu racontes, c’est le discours du FN », vous saurez quoi répondre (j’avoue que je n’aurais jamais écrit ce billet si la question ne m’avait été posée).

Mais par pitié, ne leur accordez pas l’audience qu’ils essaient de créer en lançant de telles polémiques. Si vous voulez voter pour un parti qui défendent vos libertés, je ne me tournerai pas vers un parti qui lutte contre la liberté de se mouvoir. C’est un peu contradictoire, n’est-ce pas ?

Tagué , , , , , , ,

Ce que serait une bonne plateforme de VOD partie 3


Flattr this

Salux !

Suite de mes deux précédents billets sur le sujet.

Seulement, si tout était aussi rose, ça se saurait. Voyons ce qui cloche.

Réticence des ayants-droits

Ce qui caractérise les ayants-droits, tout du moins ce que l’on perçoit d’eux, c’est leur réticence à s’adapter aux nouvelles technologies, notamment leur obsession de vouloir contrôler ce que peut ou ne peut pas faire l’utilisateur. Basée sur l’esprit de Don’t Make Me Steal, il est évident que la tolérance vis-à-vis des DRM doit être nulle, ne serait-ce que pour se démarquer et exister auprès des internautes.

Il faut donc s’attendre à un catalogue pauvre et essentiellement constitué d’indépendants. Attention, je ne dis pas que je n’aime pas les indé, juste que j’aimerais qu’il n’y ait pas qu’eux… Pour la majorité des internautes, ne pas avoir de films/séries connus sera un réel frein.

Les points du Manifeste qui ne pourront être respectés

Le Manifeste n’a pas été rédigé à l’attention des diffuseurs mais du marché dans sa globalité. Un point en particulier ne peut être appliqué.

  • Je peux télécharger presque n’importe quel film jamais réalisé. Strictement impossible du point de vue d’un diffuseur seul.

Il y a aussi des points vagues dont on cerne l’objectif mais qui seraient difficilement réalisable :

  • Je paie pour le contenu, pas pour la bande passante. C’est vrai, mais la différence de coût pour le stockage & la diffusion d’une vidéo varie énormément entre le format iPhone et full HD. Si la différence est palpable financièrement (>5cts), il faudrait envisager un « supplément » HD, pour ne pas faire payer aux usagers d’iDevices un service dont une minorité profitent. Peu de gens ont un écran full HD avec Internet en fibre optique.
  • Après l’achat d’un film, toutes les langues restent disponibles. Sauf réclamation ou autre problème de droit. Le diffuseur ne dispose pas des droits, même s’il est tout à fait possible de définir un cadre sur ce qui peut être retiré ou pas, et dans quelles conditions.
  • Le contenu que j’achète est disponible immédiatement. Les pré-commandes c’est bien aussi 😉 Sinon on est d’accord, s’il y a marqué « disponible », c’est instantané.

Conclusion

Bref, à faire comme dirait l’autre. Avec les avancées technologiques récentes (je pense notamment au cloud), il y aurait moyen de tenter le coup sans trop risquer financièrement, même si j’ai peur que le succès risque de ne pas être au rendez-vous…
Le Manchot Enragé
Tagué , , , , , , , , ,

Ulule, le major du 21ème siècle ?


Flattr this

Salux !

Vous connaissez sûrement Ulule, si ce n’est le cas ils expliquent très bien sur leur page d’accueil ce qu’ils font. En deux mots, c’est un site de financement communautaire (crowdfunding) pour divers projets.

J’écris ce billet parce que le groupe The Yokel vient de faire financer l’enregistrement de son album, et ce en quelques jours. J’ai été impressionné de voir la vitesse à laquelle les 1000€ ont été amassés, et surtout de voir qu’ils ont été donnés par 20 personnes, soit plus de 50€ par soutien !

Internet, lieu du tout gratuit ? Hum…

Ça la fout un peu mal pour tous les MMM et autres Riester qui militent pour un internet plus PUR soit disant que si on ne censure pas les gens voudraient du tout gratuit. J’ai fait la remarque sur Twitter, visiblement je ne suis pas le seul à penser que tout n’est pas aussi simple…

Nous aurait-on menti ?

Il y a de quoi se poser la question. D’un côté, j’entends sans cesse sur Pourquoi je Pirate ? des gens se plaindre que 20€ pour un CD c’est cher, de l’autre on a 1000€ de rassemblés en un temps record pour l’enregistrement du disque.

Cela confirme (si c’était nécessaire) mon idée que le disque n’est plus devenu un objet de convoitise en tant que tel. En gros, les gens aiment leurs artistes et sont prêts à payer pour soutenir la création (pas la peine de faire des pubs merdiques pour prêcher des convaincus). La preuve en est, ils ont sorti 20 biftons orange pour faire enregistrer un album.

Nouveaux modes de financements pour les artistes

On le voit ici, le direct2fan marche. De nombreux projets musicaux sont en cours de financement rien que sur Ulule. Personnellement, je comprends la hantise de Pascal Nègre ; un monde où les intermédiaires sont réduits au strict nécessaire, un monde où la publicité et la promotion se fait sur le P2P, le financement via Ulule et la rémunération par les concerts, oui je flipperais. La différence, c’est que je ne monterais pas une loi liberticide qui reconnaît elle-même son inutilité.

À bon entendeur…

Le Manchot Enragé

Tagué , , , , , , , , ,

Ce que serait une bonne plateforme de VOD partie 2


Flattr this

Salux !

Suite de mon 1er billet sur le sujet.

Maintenant, rentrons un peu plus dans l’organisation des choses

Paiement & tarification

Comme dit dans le manifeste, le paiement doit être clair. J’opterais personnellement sur un système similaire aux forfaits mobiles (en plus simple). L’internaute possède un montant de crédit qu’il peut utiliser à sa guise pour regarder l’intégralité du catalogue :

  • Soit via des recharges ponctuelles pour les consommateurs irréguliers ou ceux qui veulent juste découvrir
  • Soit via un forfait mensuel qui renouvelle le crédit d’un certain montant
  • Soit via un forfait illimité, plafonné à 30€/mois
Anyway, pas de « péremption » du crédit ni de conneries du genre. 10€ c’est 10€ point barre.

Pour regarder un film/épisode, rien de plus simple : clic sur « Regarder », décompte du crédit, le site permet l’accès au titre de manière illimitée pendant X heures (24 ?).

Répartition des droits

La difficulté majeure réside dans le calcul de ce que rapporte un visionnage avec la multiplicité des forfaits. Imaginons les 3 cas de figures suivants (pour l’exemple j’établis les frais du site de manière arbitraire à 50cts) :

  • Paiement « à la recharge » : 10€ débités = 10€ de crédit, soit une rémunération de 1,50€ pour un film à 2€
  • Forfait simple : 5€ débités = 6€ de crédit (incitation commerciale), soit 1€ que l’on ne peut retirer des frais fixes puisque les prix ne sont pas fixes, eux. Déjà ici, le calcul devient difficile.
  • Forfait illimité : rémunération impossible à calculer sans mécanisme d’assiette.

Comme on le voit ici, il faut globaliser le calcul : faire la somme des crédits engagés dans le mois (facile à calculer), soustraire une base fixe sur le prix du visionnage qui soit les frais du site (l’exemple des 50cts), puis diviser par le nombre de visionnages pondérés par un coefficient du prix.

La formulation peut paraître brumeuse, prenons un exemple :

Sur le mois de mai, en additionnant les forfaits mensuels (simples et illimités) avec les crédits utilisés, on obtient l’assiette globale (AG). Soit V le nombre de visionnages totaux et F les frais fixes, le montant à répartir de l’assiette A = AG – V * F.

Soit un épisode de série E1, vendu 1€. Une fois les frais fixes ôtés, il reste une marge brute de 0,5€ = le coefficient C1. E1 a été visionné V1 fois dans le mois. On considère le « score » mensuel = C1 * V1.

L’assiette A sera répartie de manière proportionnelle entre tous les scores mensuels de chaque vidéo. Les vidéos les plus vues avec le plus fort coefficient seront les plus rémunératrices.

Rémunération des artistes

Sur ce point, la plateforme n’aura pas vraiment de prise, pour la simple que son cœur de métier est la diffusion, non la production ou la répartition de droits.

De plus, le pourcentage qui va aux artistes ne veut rien dire en soi. 100% de revient pour l’artiste ? Cool. C’est lui qui a tout financé en hypothéquant sa maison ? Moins cool…

Problématique du téléchargement, petit aparté sur les DRM

J’ai évoqué le HTML5 tout à l’heure, en tant que solution technique pour la diffusion. Cette technologie fonctionne sans DRM, ce qui est un atout indéniable, mais qui mène aussi à un frein de la part des producteurs : la facilité de récupérer le fichier entier et de le conserver, de le partager.

Ma position est très claire à ce sujet : c’est un risque à prendre. Les DRM sont comme une punition collective : une ou deux personnes copient et c’est l’ensemble des clients qui se mange ces saloperies de DRM. Les imposer fait perdre plus de clients que les pertes potentielles dues au partage sur le P2P.

Je pense qu’il faut prendre le problème à contre-pied et accepter le partage comme mal nécessaire (d’un point de vue commercial entendons-nous) pour exister et vivre sur la toile. Il y aura toujours des récalcitrants qui mettront tous les moyens du monde pour ne pas payer, et il y aura des gens qui iront sur les réseaux P2P parce qu’ils n’ont pas les moyens de payer.

Partant de ce constat, il vaut mieux convaincre le reste des internautes que l’offre payante en streaming est attrayante (retour aux conditions que j’avais énoncées plus tôt). S’ils sont satisfaits, pourquoi s’embêteraient-ils à télécharger les œuvres, ce qui est long et peu pratique comparé à ce que peut fournir un tel site ?

Et puis bon, la télévision, tout le monde peut enregistrer à volonté, ça n’a jamais choqué personne hein…

Mise en avant des Creative Commons

Les œuvres sous Creative Commons pourraient être intégrées au catalogue et -pour une fois- obtenir une visibilité et une rémunération. À l’instar de ce que fait In Libro Veritas, un bouton de téléchargement pourrait être placé à côté du bouton « Regarder », qui redirigerait directement vers le tracker torrent. Encore une fois, utiliser le P2P permet d’occuper cet espace et donc de l’influer au lieu de laisser aux « pirates » le soin de le faire, en plus d’économiser en BP et de donner une bonne image.

Pour la rémunération, il faudrait leur appliquer le même tarif que les œuvres « classiques », pour ne pas sous-entendre que CC = cheap & crapy (pas cher & merdique). Ce sont des œuvres à part entières, qui méritent la même attention et rémunération que leurs homologues conventionnelles.

À suivre : les limites

Tagué , , , , , , , , ,

Ce que serait une bonne plateforme de VOD partie 1


Flattr this

Salux !

En me basant sur Don’t make me steal, j’essayais de m’imaginer qu’est ce que serait la plateforme de VOD idéale, et surtout, en bon geek, comment le faire/l’organiser 🙂

Des conditions claires et inflexibles

Pour qu’une telle plateforme soit un succès qui s’inscrive dans la durée, il faut dès le début poser des bornes clairement établies (pas comme Deezer hein…) :

  • Pas de DRM : l’expérience de Pourquoi je Pirate ? m’a confirmé qu’ils sont l’une des causes premières du téléchargement illégal. La diffusion doit se faire par une technologie standardisée et compatible avec la majorité du matériel actuel (typiquement, HTML5 vidéo en WebM + h264 pour les iDevices).
  • Aucune restriction en fonction de la situation géographique : 10$, qu’ils viennent des États-Unis, de Qatar ou du Japon valent toujours 10$ ; un français peut très bien vouloir la version japonaise avec sous-titres turques s’ils sont disponibles.
  • Des prix plafonnés par rapport au prix du cinéma : 3€ pour regarder un film et 1€ pour un épisode d’une série me semblent être une limite haute. Pas au-dessus.
Ces conditions doivent être établies et appliquées ne manière intransigeantes : si un ayant-droit fait sa vierge effarouchée, tant pis pour lui. Le but est de proposer un site en accord avec le manifeste, afin d’établir une base d’utilisateurs fidèles et qui qui n’aura pas à avoir recours au P2P.

Se développer en s’appuyant sur les réseaux sociaux et le P2P

Ignorer ces deux réseaux est une erreur stratégique majeure de la part des majors. Un très bon CM (voire plusieurs hein) ne serai(en)t de trop pour entretenir des comptes Twitter et Facebook actifs.

Autre vecteur de communication totalement ignoré à l’heure actuelle alors qu’ils sont d’une popularité galopante : les réseaux d’échange P2P. À force de les voir comme le mal absolu, les majors ont oublié ce qu’ils sont : rien qu’un moyen de partage de fichiers. Qu’est-ce que l’on voudrait que les gens partagent ? Facile : extraits, pilotes, BO…

Bref, un tracker torrent sur le site en vitrine pour attirer le client. Sur une série de 20 épisodes, pourquoi ne pas laisser le pilote en libre téléchargement ? La BO dans certains cas ? J’avoue avoir énormément apprécié que THQ diffuse la BO de Warhammer Dawn of War 2.

Prendre part à la création

Des initiatives comme Ulule nous montrent aujourd’hui que les internautes veulent aussi mettre la main à la patte et participer. Les réalisateurs indépendants pourraient demander des financements communautaires (en lien direct avec Ulule, pour ne pas réinventer la roue), être tenus au courant de l’avancement, obtenir des pré-commandes avec bonus…

Autre idée qui m’est venue : un système de don après visualisation. Comme vous l’avez vu, le principe de l’offre est d’offrir des prix suffisamment bas pour être attractifs et que l’internaute ne se concentre pas uniquement sur les block-busters mais aussi les petites productions originales. Après visionnage, il pourrait avoir l’option de donner directement un peu plus aux créateurs, pour leur témoigner son envie de les voir continuer.

À suivre : réalisation

Tagué , , , , , , ,

Analyse des logs de Pourquoi je Pirate

Salux !

Vous avez probablement entendu parler du PUR fail sur PasPeurdHADOPI (http://reflets.info/le-pur-fail-agenceh-hadopi-eurorscg/), j’ai subi le même genre d’attaque sur Pourquoi je Pirate. Voici donc les premiers résultats (non définitifs) de l’analyse des logs :

Not the same guy

Apparemment, on ne parle pas du même gars. Bluetouff avait pu aisément l’isoler via son User-Agent, voici ceux ayant le plus spammé mon site depuis le lancement :

Mozilla/5.0 (Windows; U; Windows NT 6.1; en-US; rv:1.9.2.3) Gecko/20100401 Firefox/3.6.3 1094
Mozilla/5.0 (Windows NT 6.1; WOW64; rv:2.0.1) Gecko/20100101 Firefox/4.0.1 430

Sur la journée de jeudi, la différence est encore plus nette.

 

L’IP 64.20.45.178 a été flashée, mais n’a rien posté. Ni le User-Agent. Il s’est baladé un peu, puis s’est lassé semble-t-il.

L’attaquant a utilisé 137 IPs différentes sur la journée de jeudi (pas encore traité les autres jours).

La suite

Lundi j’aurai les données complètes, je n’ai pas pu extraire les heures de début/fin de l’attaque. Reste à comprendre pourquoi le spam de PqJePirate et PasPeurdHADOPI ont eu lieu en même temps, et aussi par quelle coïncidence les attaques aient démarré le jour de mon passage sur Canal+, qui n’a pourtant pas révélé le site au grand jour (un bond dans les visites à peine perceptible).

Le Manchot Enragé, qui vient de passer une semaine de merde

Tagué , ,

Code source de pourquoijepirate.fr

Salux !

Parce que la question de l’accessibilité du code source m’est souvent posée, je vais y répondre une fois pour toute ici : Je ne divulguerai pas le code source de pourquoijepirate.fr. J’y vois 3 raisons :

  1. J’ai codé ça en une journée tout au plus, c’est vraiment du PHP spaghetti codé à l’arrache. J’ai pas envie de vous refourguer un truc aussi mal foutu. Ça serait un cadeau empoisonné.
  2. Ça été codé sans aucune anticipation des différentes évolutions possibles, ni aucune possibilité d’adaptation.
  3. Je suis développeur Java/EE, pas PHP 😀 ceci pour appuyer le point 1.
Pour faire bref, vous perdriez moins de temps à repartir de zéro.

Ce que je propose

Néanmoins je pense que la base de données est réutilisable, et ma pensée libriste n’a pas envie de vous laisser réinventer quelque chose que j’ai déjà fait 😉
Si certains sont intéressés (j’ai les Twitter), on peut monter un projet libre et mutualiser les compétences 😉
Lâchez un commentaire ou un tweet si vous êtes intéressé.
Le Manchot Enragé
Tagué , , ,

Beezik.com – musique gratuite et légale ? Faut pas rêver !


Flattr this

Salux !

J’ai eu vent de la plate-forme Beezik.com, un site de téléchargement gratuit et légal dit-on. La bonne aubaine ! Plus besoin de P2P, MegaUpload et autres, allons-y soyons fous !

Mais alors, comment ça fonctionne ?

Rendez-vous sur le site http://www.beezik.com/ et cherchez un morceau qui vous plaît (au passage attention les yeux, il y a des pubs flash à outrance). Une fois inscrit, vous pouvez le télécharger. Enfin vous pouvez au moins cliquer sur le bouton Télécharger, car il m’a fallu une dizaine de clics compulsifs pour que le site daigne prendre en compte ma demande (au passage exit Opera, le site n’a daigné répondre qu’avec Firefox). Vient l’instant fatidique où vous devez choisir une publicité. Kesako ? Bah l’équation est pourtant simple : internet + gratuit = publicité ! Les auteurs et les détenteurs du site sont rémunérés par une publicité que vous devez regarder. Pas question de faire autre chose ! Dès que la fenêtre perd le focus, il faut tout recommencer. Je choisis donc la pub pour Vittel d’une manière totalement arbitraire. Une jolie pub bien absurde qui a eu le mérite de me décrocher un sourire. Au bout de la pub, j’ai 6 secondes pour cliquer sur l’image pour que le téléchargement soit validé (ceux qui sont allés faire pipi tant pis pour eux). Et là…

AAAAHHHHHH !!!!!!!!! Du WMA !

Bah ouais, faut pas demander le beurre, l’argent du beurre et la crémière ! J’ai donc le droit à un pauv’ fichier WMA cadencé à 192kbits/s. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un format de compression audio avec pertes, qui anéantit toute qualité sonore. Comme le MP3, mais en pire. Enfin, pour ceux qui sont déjà sourds à cause de leur baladeur toujours à fond… ça ne change pas grand chose me direz-vous.

Bref, je récupère le fichier et le lance avec vlc. Et là, rien.

DRM inside

Mais oui ! Ces fameux DRMs ! Vous savez, ces petits verrous numériques (Digital Right Management) qui permettent aux détenteurs des droits de jouer à Dieu. Les mêmes qui ont engendré ça. Donc vlc ne veut rien savoir. Super. Je viens de refiler de l’argent à Vittel. Je comprends mieux l’indication « Windows Media Player 11 est conseillé ». Utilisateurs de MacOS et Linux, vous pouvez toujours pleurer !

Moralité

Bah j’ai plus qu’à télécharger l’album sur mon site de torrent préféré. L’artiste a reçu une rémunération (12ct/piste selon Wikipédia) et je peux écouter la musique sur mon Linux (en FLAC qui plus est) ; tout le monde est content ! Seul problème : je risque les foudres d’HADOPI pour ce « Défaut de protection ». C’est donc ça la HADOPI : mettons les vilains pirates-pédophiles-nazis en prison.

Beezik.com, bravo pour l’idée, je vous souhaite bon courage, mais franchement, c’est dommage. Le téléchargement illégal ne pourra être contré que si l’on trouve des systèmes de diffusion (au moins) aussi rapides et pratiques. Le système du gagnant-gagnant que vous proposez est vraiment génial, mais lâchez-donc ces DRMs ! Mettez du MP3 avec un échantillonnage correct ! Par pitié, au moins pour ne pas pondre une génération d’attardés de l’écoute incapables de distinguer le son d’une basse dans un morceau…

Le Manchot Enragé, qui voudrait bien qu’on l’entende lorsqu’il joue de la basse.

Tagué , , , , , ,